Les problèmes qui se posent de nos jours à une Municipalité sont fort divers et parfois très compliqués. Pour les résoudre d'une manière rationnelle, il serait nécessaire que les principales activités fussent, au sein du Conseil, représentés. Il y aurait alors, certainement, plus de 24 conseillers.
Aujourd'hui, aucun intéressé n'ignore que depuis 1850, à Château-Gontier « il est enjoint aux personnes occupant ou conduisant une voiture avant le lever ou après le coucher du soleil d'y placer sur le devant une lanterne avec lumière même quand la lune donne sa clarté. »
Malgré ces péremptoires et centenaires prescriptions, de nombreux cyclistes et aussi des «hippomobilistes » circulent sans éclairage à la tombée de la nuit.
Quoique l'article invoqué n'ait pas été modifié depuis sa naissance (nos conseillers ont toujours été très occupés), ceux qui mettent devant leur véhicule deux lanternes au lieu d'une ne risquent pas d'être poursuivis.
La vitesse maxima des automobiles dans la traversée de notre cité, primitivement fixée à 50 km., ce qui était exagéré, vient d'être ramenée à 40 km. Pour sa prudence et sa diligence, notre municipalité mérite d'être félicitée. Puisse cette sage mesure ne pas être platonique. Il est permis d'en douter, la répression des excès de vitesse dans la traversée de notre ville a été si terrible, que depuis le 8 décembre 1937 pas un procès-verbal pour ce motif n'a été dressé.
Le dangereux stationnement est au contraire sévèrement réglementé. Malheur à l'automobiliste distrait qui arrête son véhicule en un lieu défendu.
Malgré la pullulation des pancartes (cette maladie porte le nom de pancartomanie) le jeudi sur le marché que les conducteurs de certains véhicules s'obstinent aux heures d'affluence à traverser, l'embouteillage est tel que le commerce en est paralysé.
Les oies qui se prélassent sur la place de la République, non loin de la mairie, en criaillant, cacardant et sifflant, seraient responsables de cet embouteillage.
Le marché saisonnier de ces palmipèdes sacrés aurait pu être transféré sur les Promenades de la Résistance sans que la sécurité de nos édiles eût été en danger. L'Hôtel-de-Ville n'est pas la citadelle du Capitole, il est de plus bien gardé.
Cette mesure aurait peut-être été discutée. Aujourd'hui comme hier, il est difficile de contenter tout le monde et son père surtout quand on est maire.
17 Novembre 1951