Depuis qu'une clinique et une maternité y furent installées, il est un quartier de notre ville qui vit dans les nuages de poussière, c'est le quartier du Bout-du-Monde et de la place St-Jean où règne maintenant ,une intensive circulation.

Fait étonnant, les rues qui permettent d'y accéder ne sont pas goudronnées alors que ces travaux ont été exécutés dans d'autres voies où il passe une auto tous les 36 de chaque mois.

Il est souhaitable que cet oubli soit réparé avant que le buste de Charles Loyson soit rapatrié, ce qui ne saurait tarder.

ÐÐLe Bout du Monde » a également ceci de particulier que la rue joignant le Monument,ment aux Morts à la place Saint-Jean n'a jamais été baptisée. Une rue sans nom au cÏur d'une cité est une curiosité sans doute unique dans le monde. Peut-être son appellation a-t-elle été réservée à l'intention de quelque membre éminent de la municipalité. Les grands maires planteurs ou bâtisseurs ont~droit à une place d'honneur dans la postérité.

Dans le domaine de l'hygiène, à l'exception de la Montée Gézier mal pavée, égout à ciel ouvert, ce quartier n'est plus déshérité. Il est doté d'une vespasienne. Elle est connue sous le nom de « Fontaine Blot » en souvenir du maire qui en assuma la paternité.

Certains prétendent qu'il est aisé de critiquer mais qu'agir est beaucoup plus difficile. Critiquer, c'est parfois conseiller. Il suffit souvent de parler de certaines défectuosités pour qu'il y soit remédié.

Si la critique présentement formulée a pour résultat la suppression de la poussière à proximité des hôpitaux et des jardins publics, son utilité ne sera pas contestée.

Les enfants qui s'amusent au « Bout du Monde » deviendront un jour des hommes. Parmi eux se trouve peut-être le futur maire de Château-Gontier. Dès aujourd'hui il faut songer à sa santé et aussi à celle des autres.

24 Février 1951

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