Six pancartes fichées en terre aux portes de notre cité protègent les piétons, les écoliers en particulier, qui traversent imprudemment les chaussées au risque de se faire écraser.

Vitesses autorisées:

Camions: 30 km.

Tourismes (sic): 50 km.

(Arrêté municipal du 8 décembre 1937).

Ce texte pourrait faire croire là certains automobilistes facétieux qu'ils risquent d'attraper une contravention, si leur allure est trop modérée. Ici-bas, il faut savoir lire entre les lignes: Maxima est le mot sous-entendu qu'il faut deviner.

Les « touristes » sont à l'honneur, mais pour bien admirer les beautés de notre ville aux rues étroites et mal pavées, la vitesse de 50 km heure sans nul doute est excessive, d'autant plus que le bâton blanc des agents n'a pas encore été inauguré dans les carrefours dangereux.

La précipitation ne saurait être reprochée à ceux qui furent chargés de l' ampliation de l'arrêté susmentionné. C'est plus de dix ans après sa parution que les pancartes furent placées. Ce délai permit au scripteur municipal d'étudier le texte avec un soin particulier. Peut-être est-ce pour cela que contrairement à ce qui figure sur les bornes kilométriques, le mot kilomètre est correctement écrit en abréviation.

S'il fallait accorder quelque crédit aux bruits qui circulent, depuis que les panneaux ont été plantés, pas un procès n'aurait été dressé ! La sagesse des automobilistes ne saurait cependant être invoquée pour expliquer cette passivité. Quotidiennement il est loisible de le constater.

Peut-être une nouvelle période de dix années sera-t-elle nécessaire avant que les excès de vitesse soient sanctionnés.

Rien ne sert de fabriquer des arrêtés dans le dessein d'assurer- s la sécurité des administrés qui se déplacent à la force du mollet, si ces arrêtés ne doivent jamais être appliqués.

10 Février 1951

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