En matière de reconstruction, notre cité a droit à une place d'honneur.
Cinq ans après la Libération, 50 % des immeubles détruits ont été rebâtis. Le résultat est magnifique et peu de villes peuvent se targuer d'en avoir fait autant. Il est vrai que quatre maisons seulement avaient été détruites, ce qui, d'ailleurs, était bien suffisant.
La construction a connu une activité identique. Si l'on excepte le chalet du gardien du stade et la villa du directeur de l'usine des eaux, une seule maison a été érigée depuis l'an 1944, ce qui autorise les statisticiens à déclarer qu'il faudra, à cette allure, quelques centaines d'années pour résoudre le problème du logement à Château-Gontier.
La construction de cités ouvrières a !bien été envisagée par notre municipalité, mais, dans le domaine des réalités, c'est exactement comme s'il n'en avait jamais été question.
Il ne faut pas désespérer, tout vient à point là qui sait attendre. A l'abattoir, une prison pour chiens a bien été ménagée et il paraît que les tuyaux qui encombrent nos trottoirs, depuis plus d'une année, seront enterrés, avant qu'ils ne soient rouillés.
Malgré les difficultés financières de l'heure présente, le problème de l'habitat doit être au premier plan des préoccupations gouvernementales, départementales et municipales.
Trop de familles nombreuses, contrairement aux principes les plus élémentaires de la morale et de l'hygiène, disposent d'une unique pièce, souvent insalubre.
Pourquoi encourager la natalité, pourquoi réclamer de nombreux enfants, s'il n'est pas possible de les loger convenablement?
Tous l'accorderont, les taudis pourvoyeurs des établissements hospitaliers doivent être supprimés.
IL VAUT MIEUX CONSTRUIRE DES MAISONS QUE DES SANATORIA.
31 Octobre - 1er Novembre 1949