Quoique la douche hebdomadaire ne soit pas encore obligatoire comme le paiement des impôts, nombreux sont nos concitoyens qui, le samedi, fréquentent nos thermes municipaux ne disposant pas chez eux de cette baignoire qui en notre ville constitue sinon un titre de noblesse, du moins un glorieux signe extérieur de richesse.

Quoi qu'il en soit, grâce à une audacieuse initiative, dix cabines de douches et quatre salles de bains furent construites au début du siècle et mises à la disposition des Castrogontériens désirant observer les principes élémentaires de l'hygiène.

En juillet 1945, après une fer,fermeture qui dura cinq longues années, les douches fonctionnèrent à nouveau, mais un seul jour par semaine afin que les usagers ne fussent point tentés d'abuser des ablutions. Il est vrai qu'en toute chose l'excès est un mal.

Dix cabines de douches publiques pour une ville de plus de six mille âmes, (une cabine pour environ six cents habitants,) et un seul jour d'ouverture devaient provoquer inévitablement, à certaines heures, une indescriptible affluence et transformer notre établissement en une authentique école de patience.

Par respect de la vérité il nous faut ajouter que les quatre salles de bains provisoirement interdites au public en 1940 le sont encore aujourd'hui. Hélas, le provisoire dure parfois longtemps.

Ainsi, en l'an 1949, les Castrogontériens dépourvus de baignoire, s'ils veulent prendre des bains sont obligés de se rendre à Laval ou à Angers. Les voyages for~forment la jeunesse ! Château-Gontier, coquette sous-préfecture, est bien la ville sÏur de Clochemerle.

6 Mai 1949

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