Comme vraisemblablement nos concitoyens n'avaient que de vagues idées sur les invisibles canalisations souterraines dans lesquelles circule l'eau potable, la Compagnie Générale des Eaux, faisant preuve d'une heureuse initiative, a organisé une exposition dont le caractère utile ne saurait être contesté.

Quelques jours avant les réunions hippiques de septembre, des tuyaux destinés non seulement aux turfistes mais à tous les abonnés furent déposés sur les trottoirs des principales artères de notre ville.

Contrairement à ce qui se passe généralement en pareille circonstance officielle et c'est à leurs dépens que, la nuit, certains de nos concitoyens apprirent en trébuchant l'existence de cette exposition. Il paraît même qu'une personnalité trompée par l'obscurité heurta les tuyaux, trébucha et tomba la tête dans son panier.

Si l'on en croit certaines rumeurs, c'est seulement dans six mois qu'aura lieu l'inhumation des dits tuyaux, c'est-à-dire que prendra fin l'exposition.

Certaines personnes qualifiées prétendent que d'ici-là, ils risquent de se détériorer. Le service technique consulté affirme que ces craintes ne sont heureusement pas justifiées.

Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler aux intéressés qu'en vertu de l'article 46 du règlement municipal de police, les entrepreneurs de travaux, voire la Ville, doivent éclairer les matériaux qu'ils entreposent sur les trottoirs et que : «l'éclairage obligé doit toujours avoir lieu même si les lampadaires sont allumés, même si la lune donne sa lumière.»

Décembre 1948

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