Deux de nos concitoyens habitant quai de Lorraine avaient décidé de convoler en justes noces, ce dont il convient de les louer.

Samedi dernier, à l'heure fixée, ils se présentèrent à la mairie. A leur grand étonnement, ils constatèrent que pour les unir indissolublement il n'y avait ni maire ni adjoint.

Pendant trois quarts d'heure et plus, ils attendirent calmement, donnant ainsi publiquement un bel exemple de cette patience que Pénélope a a rendue légendaire.

Un instant, il fut paraît-il question d'user de la sirène pour appeler, non les pompiers, mais l'officiant qui enfin, touché téléphoniquement, arriva tout essoufflé en compagnie de son premier a adjoint : le Conseil municipal ne suivit point, heureusement.

L'histoire ne dit pas si dans son allocution qui fut brève comme un slogan, M. le Maire fit allusi on à cette exactitude qui jadis était la politesse des rois.

Mai 1948.

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