Si notre théâtre et notre cinéma font souvent salle comble, les séances du Conseil municipal quoique publiques ne connaissent pas le même succès et il n'est pas nécessaire de savoir compter sur ses doigts jusqu'à dix pour dénombrer ceux qui, par leur présence, portent quelque intérêt aux savants travaux de nos édiles.

Au cours des dernières années écoulées, comme r d'ailleurs dans de nombreuses autres villes, pas L un de nos concitoyens n'a assisté aux délibérations , ce qui est vraiment r regrettable, car c'est au au pied du mur qu'on juge le maçon, et dans l'exercice de son mandat, l'élu.

En fait, c'est seulement tous les cinq ans lors des élections, que les affaires municipales suscitent un vif intérêt parmi la population.

Les candidats( de la liste sortante retracent en termes empreints de modestie leurs magnifiques réalisations et c'est tout juste s'ils ne promettent I)as aux électeurs, en remplacement (le la semaine anglaise, la semaine des trois jeudis et des quatre (Dimanches qui, certes, mettrait fin à de nombreuses revendications. La liste concurrente ne manque pas évidemment de renchérir: se Vive Château-Gontier ! Vive la République ! » Telles sont généralement les conclusions des déclarations qui bariolent de vert, de rouge et de jaune les murs de notre cité.

Ces dernières années, pourra première fois, des élus ont, à Château-Gontier, réalisé ou tenté de réaliser ce qu'ils n'avaient point promis, alors que leurs prédécesseurs promettaient ce que jamais ils ne réalisaient.

Dans quelques semaines, l' éclairage électrique de nos rues sera terminé; il ne restera plus qu'à décorer de cataphotes les dangereux et inutiles réverbères, si la ville, la mort dans l'âme, ne peut se résoudre à les faire disparaître.

Les travaux du super-terrain de sports commencés en 1941 sont en bonne voie et, sauf imprévu toujours à prévoir, la seconde et suprême inauguration aura lieu dans quelques années. Enfin avant le printemps prochain, l' eau potable circulera dans nos canalisations.

Certains ennemis du progrès et de l'arrosage des salades avec l'eau potable prétendent que le mérite de ces réalisations revient surtout aux contribuables et que, lorsqu'on ne paie pas de ses deniers, il est possible de tout envisager, même la distribution d'eau de Vittel aux abonnés.

Nous ne partageons pas cette opinion, car si le sens unique est désirable en matière de circulation, il ne saurait être admis dans une critique loyale et impartiale, et il faut reconnaître que sur le plan de l'urbanisme), malgré les difficultés présentes, d'heureuses et utiles choses ont été faites.

Il n'en reste pas moins qu'une solution doit être apportée d'urgence à d'autres problèmes: la construction de cités ouvrières et la création d'un lavoir municipal sont de ceux-là.

Nul doute que nos édiles ne les examinent sans délai avec l'intérêt qu'ils méritent.

Janvier 1948.

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