Dans la situation inextricable où se trouve notre pays à la recherche de ce surhomme créateur de prospérité et expert en matière d'équilibre de budgets, il serait impardonnable de ne point signaler à notre Président du Conseil un génie qui, s'il est ignoré de tous, ne l'est pas de lui-même.
Point n'est besoin, en effet, de se creuser la cervelle pour découvrir ses éminentes qualités et ses pharamineuses possibilités. De sa personne voici ce qu'il nous dit avec modestie dans une lettre datée du 17 novembre 1947 adressée à un industriel de la région de Château-Gontier.
Monsieur, supposez que vous découvriez demain dans votre quotidien habituel une petite annonce ainsi conçue:
"Conseil commercial première force ayant fait ses preuves, rémunéré exclusivement en proportion des résultats obtenus par son entremise, entrerait en contact avec firme désireuse de progresser."
Vous convoqueriez sûrement l'intéressé puisque vous ne risquez rien que de voir la courbe de votre chiffre d'affaires grimper ainsi que votre notoriété.
Eh bien ! ce collaborateur, je peux l'être pour vous.
Trop beau pour être vrai, pensez-vous ? Que non pas ! Ce que j'avance est exact, mes références en sont le témoignage.
D'ailleurs que vous coûte-t-il de m'interroger ? Je vous apporterai des faits et vous jugerez.
Quand vous voudrez...Et sans engagement, bien sûr.
ÐÐVotre bien dévoué ».
Un conseil rémunéré selon les résultats obtenus, ce qui ne s'est jamais vu, ni pour un député, ni pour un ministre, un conseil qui ne vous fait rien risquer, quelle aubaine pour un chef de gouvernement dans une situation difficile !
Mon Dieu, faites que ce prodige ne soit kidnappé ni par une nation étrangère, ni par un trust en difficulté. Contre six francs en timbres poste, nom et adresse seront communiqués à tout président du Conseil ou ministre qui en fera la demande.
Novembre 1947.