Élu 246 conseiller municipal de Château-Gontier quoique n'étant pas candidat, j'ai l'honneur, mes chers concitoyens, de vous exposer mon programme .
Ce n'est pas aujourd'hui vers le passé qu'il faut se tourner, mais vers l'avenir.
Dans les graves circonstances présentes, au seuil d'un hiver que le spectre des restrictions rend particulièrement inquiétant, le premier souci d'une municipalité doit être de donner à manger à ses administrés.
C'est la raison pour laquelle, en tête de mon programme, figure la création d'une Commission municipale du ravitaillement.
Cette Commission étudiera les problèmes qui hélas ! se poseront à brève échéance pour de nombreux produits agricoles, le lait, la viande, par exemple .
En contact avec les maires et les personnalités administratives et agricoles de l'arrondissement, voire du département, elle s'efforcera de pallier aux insuffisances qui lui seront signalées. Elle s'inspirera du principe ÐÐAdministrer, c'est prévoirðð. Son action devra être créatrice et ne rien avoir de commun avec celle de cette Commission d'assainissement des prix dont jamais nul n'entendit plus parler après sa mémorable constitution.
Dans le domaine de l'hygiène et de l'urbanisme par mes campagnes de presse, électrices et électeurs, vous connaissez mon programme, ce programme dont la municipalité sortante a commencé la réalisation, ce dont il convient de la féliciter.
L'adduction d'eau potable, l' éclairage public électrique, I' aménagement de la caserne des pompiers, la construction d' égouts, etc., etc., doivent être poursuivis avec le maximum de célérité. Mais dans la période de misère où nous sommes, à l'heure où le gouvernement envisage de surseoir à la construction de barrages et d'usines hydrauliques dont l'utilité n'est cependant pas contestable, à l'heure où tant de sinistrés sont encore sans logis, l'aménagement du terrain de sports ne doit pas être au premier plan des préoccupations municipales. L'argent des contribuables et les matériaux doivent être employés à des réalisations plus urgentes, plus utiles.
Il faut d'abord, dans notre cité, construire des maisons en éléments préfabriqués afin de pouvoir démolir les taudis, foyers de tuberculose et d' amoralité. En attendant, les locaux inoccupés ou insuffisamment occupés doivent être réquisitionnés.
Parmi les autres mesures que je me permets de soumettre respectueusement à la bienveillante attention de la nouvelle assemblée municipale figurent:
1° la création d'un lavoir municipal;
2° la modernisation de l'abattoir actuel, car dans les circonstances présentes la construction d'un nouvel abattoir ne peut être envisagée;
3° le classement des rues du quartier de la gare;
4° I' amélioration de l' hygiène des rues par la construction de trottoirs et de caniveaux; I' extension du système d'irrigation, l'achat d'une balayeuse-arroseuse;
5° la création d'abris pour les usagers des cars;
6° la construction de vespasiennes à l'usage des électrices, qui actuellement disposent seulement des ruelles et, les jours de marché, de l'écran formé par les carrioles.
7° la réorganisation de la police municipale dont les squelettiques effectifs ne permettent d'assurer ni la sécurité publique, ni le respect des arrêtés en vigueur;
8° la réglementation de la circulation par l'introduction du sens unique dans certaines rues étroites ou déclives;
9° la suppression du service municipal de voirie en ce qui concerne les travaux de cylindrage et de goudronnage qui seraient assurés sous la Direction des Ponts et Chaussées;
10° l'installation place Saint-Just, quai de Lorraine, route de Laval, avenues de Sablé et d'Angers, des bancs inutiles supprimés Promenades de la Résistance.
Certes beaucoup d'autres travaux sont à envisager dans notre cité, mais il faut tenir compte des difficultés présentes et des possibilités de réalisation. L'ère des promesses démagogiques est révolue et les intérêts de notre ville ne doivent pas être subordonnés à de stériles combinaisons ou discussions politiques qui ne peuvent que diviser et affaiblir.
L'expérience a souvent démontré que le programme des candidats est généralement le résumé de ce qu'ils ne réaliseront pas pendant leur mandat.
Ce sont des actes, non des discours, qu'attendent les électeurs qui jugeront nos édiles d' après leurs réalisations.
Puisse mon programme compléter heureusement celui des 23 élus de la « Liste administrative d'Union Républicaine et Sociale » qui ont pris le vague engagement:
« de seconder toutes les Ïuvres sociales pour le plus grand bien du travailleur;
« de veiller à l'hygiène publique par des travaux d'assainissement, de propreté et de goudronnage des rues;
« de faciliter par tous les moyens possibles l'amélioration de nos habitations;
« de conserver le bon renom de notre cher Château-Gontier par l'embellissement de tous nos parcs, jardins et promenades publics. »
Que pourrais-je ajouter à ces bonnes paroles sinon « Vive la République ! »