Il n'est pas courtois de parler des absents, aussi, en guise de préambule, excusons-nous d'entretenir une fois encore nos lecteurs de cette boîte à lettres qui depuis le 1er avril 1947 a quitté subrepticement le pan coupé de l'hôtel de l'Arche-Dorée.

De nombreux habitants du quartier, devant l'interminable délai nécessaire au remplacement de cette boîte, avouent ne rien comprendre et se demandent si le dossier n'a pas été transmis au ministère par la Direction départementale des P. T. T. Comme il s'agit d'importants travaux, peut-être est-il dans les intentions de l'Administration de procéder à une adjudication.

L'incompréhension est de nos jours chose normale, si j'en crois un vieil ami, docteur en droit, qui plusieurs années durant fut maire d'une coquette cité angevine. Avec malice, il prétendait qu'il n'aurait pas souvent signé s'il l'avait fait seulement dans les cas où il avait parfaitement compris .

Quoi qu'il en soit, le délai qui aura été nécessaire pour donner satisfaction aux usagers de la maintenant célèbre boîte risque de dépasser toutes les gestations, celle de l'éléphant en particulier. Et cependant quelle disproportion entre cette animal et notre boîte !

Cependant aux dernières nouvelles (il ne s'agit pas de celles transmises par l'Association Française de Presse), l'inauguration de la nouvelle boîte à lettres de l'Arche-Dorée serait prochaine.

La municipalité honorerait de sa présence cette cérémonie au cours de laquelle plusieurs discours seraient prononcés. L'Union musicale et la Compagnie des sapeurs-pompiers prêteraient leur concours. L'Académie française serait même représentée, car elle ne saurait se désintéresser de tout ce qui touche les «lettresðð.

De nombreux Castrogontériens se joignent à l'auteur du présent article pour féliciter l'ADMINISTRATION des P. T. T. d'avoir, en la circonstance, battu tous les records existants. |

Novembre 1947

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