« Tu supportes des injustices? Console toi: le malheur est d'en faireðð (DÉMOCRITE),

Je manquerais au précepte énoncé par le grand philosophe grec et commettrais ainsi une injustice, ce qui serait pour moi un vrai malheur, si faisant montre d'ingratitude, je ne remerciais la municipalité sortante d'avoir en maintes circonstances tenu compte des suggestions contenues dans les quelque cent articles que j'ai publiés au cours des trois dernières années.

En effet, bien des décisions ont été prises par le Conseil postérieurement à leur parution.

Je suis particulièrement heureux que certains de mes billets sur l'eau potable, l'éclairage public,l'hygiène des rues, le chauffage du théâtre, la suppression des égouts à ciel ouvert, etc , aient retenu la perspicace attention de nos édiles, de ceux « qui, au cours des années écoulées, ont « conscience d'avoir rempli leur mandat au mieux des intérêts de la ville.

De quelle modestie sont empreintes ces lignes !

Nul doute que pour rédiger ce magnifique satisfecit le scripteur n'ait, par prudence, protégé ses tibias de solides jambières |

Évidemment on n'est jamais si bien servi que par soi-même, surtout quand il s'agit de se faire des compliments dont les électeurs sont quelque-fois avares.

Ma seule récompense est aujourd'hui d'avoir, en qualité de 24e conseiller municipal, grâce à l'hospitalité d'hebdomadaires locaux, contribué dans le domaine de l'hygiène et de l'urbanisme à de tardives mais heureuses réalisations, dont certains candidats à court d'arguments électoraux s'attribuent impudemment l'exclusive paternité.

Certains me reprocheront peut-être le caractère mordant de mes pamphlets. Ce caractère était nécessaire pour obtenir des résultats, pour secouer une torpeur regrettable, et puis le président Pain levé ne l'a-t-il pas lui-même déclaré: « la violence des propos n'exclut pas la courtoisie des rapports ».

Telle sera l'utile conclusion du présent billet, dont le but est également, avant les élections, de prendre congé, en qualité de journaliste courtois, des conseillers municipaux qui honoraient ma prose de leur lecture.

 

Octobre 1947

 

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