Sans connaître les fatigues ni les dangers d'un voyage au long-cours et sans bourse délier, les Castrogontériens ont eu ces temps-ci un avant-goût du climat tropical.

Si jusqu'alors la malpropreté de certaines rues avait échappé aux yeux myopes du service intéressé, les relents malodorants enfantés par la chaleur n'ont certainement pas épargné son délicat odorat .

Hélas ! aucune mesure n'a été prise pour remédier à ce déplorable état de choses.

Dans notre cité, les caniveaux ont un caractère décoratif et l'eau y circule si rarement qu'il est permis de se demander si cette eau dispensée avec tant de parcimonie n'arrive point par flacons de Vichy. Aussi serait-ce un anathème de maudire cette pluie diluvienne qui remplace l'arroseuse municipale défaillante.

Espérons que, soucieuse de la réputation de notre joliette cité, la municipalité prendra sans tarder les mesures qui s'imposent.

Jusqu'ici notre ville était éclairée par la lune, arrosée par la pluie, balayée par le vent. Demain, elle disposera de lampadaires électriques.

Puissent à la lumière de ces lampadaires être résolus tous les problèmes d'hygiène et d'urbanisme qui se posent encore aujourd'hui.

Août 1947.

 

suite