Lors de la séance du 20 décembre 1945, et à l'unanimité, le conseil municipal fidèle à une tradition quelque peu regrettable approuva sans discussion le projet de la nouvelle piscine dont le montant s'élevait seulement, chers contribuables, à un million quatre cent quatre-vingt cinq mille francs.
Ce bassin de natation en rivière constitue une grave erreur. Le bief Mirwault-Pendu où il sera construit est, en effet, le réceptacle de tous les égouts de la ville et en été, lorsque le débit de la Mayenne est presque nul, c'est dans une eau polluée que se tremperont les baigneurs.
Ceci n'est pas contestable. Les Castrogontériens se rappellent qu'en 1943, les autorités d'occupation, à la suite d'une épidémie de gale, interdirent les bains en rivière.
L'année suivante, les services départementaux de la Santé publique prirent une mesure analogue quand il fuit question de la réouverture de l'ancienne piscine dont le projet fut cependant, lui aussi, voté à l'unanimité il y a une dizaine d'années et dont la conception s'avéra vraiment «vaseuseðð.
Et puis il y a lieu de considérer également les écourues nécessaires aux réparations des écluses et des turbines hydrauliques. Elles pourront durer plusieurs semaines et Pendant ce temps notre magnifique établissement balnéaire qui aura coûté plusieurs millions sera inutilisable.
Ne serait-il pas plus rationnel, à l'image de ce qui a été fait dans de nombreuses autres villes, de construire un bassin à l'intérieur des terres et de l'alimenter en eau potable ou javellisée ?
La réalisation d'un tel projet avec la main-d'Ïuvre des prisonniers de guerre allemands ne serait pas vraisemblablement plus onéreuse. La santé des baigneurs et l'hygiène y gagneraient.
La municipalité n'a pas le droit de négliger cette considération.
8 Septembre 1946