Quel dommage qu'avec des articles de presse (celui-ci est le quatrième) il ne soit pas possible l'éclairer nos rues, la nuit, car le contrat passé par notre municipalité avec la lune est loin de donner satisfaction a nos administrés.
Il y a bien quelques rares lampes électriques, mais, faisant preuve de fantaisie, elles fonctionnent parfois le jour et souvent pas la nuit.
Et c'est ainsi que depuis 1938 les Castrogontériens qui errent dans les rues après le coucher du soleil se tordent les chevilles ou prennent, lorsqu'il pleut, un indésirable bain de pieds dans ces flaques d'eau mises gratuitement à leur disposition par les services de la voirie.
Les meilleures plaisanteries sont les plus courtes, aussi nous ne pouvons accepter de rester plus longtemps dans l'obscurité quand tous les bourgs et villes de France, même sinistrés, ont rétabli l'éclairage public quasi-normal d'avant-guerre.Contrairement a une habitude fort répandue, mais regrettable, aujourd'hui nous n'attaquons pas le lampiste, nous le réclamons à cor et à cri.
Dans notre ville qui, au point de vue de l'urbanisme, a conservé son caractère médiéval, la charrue a été attelée avant les bÏufs. L'éclairage public était certes plus urgent que les fastueux travaux, non encore terminés, votés à l'unanimité lors de la séance du 15 février 1941, séance historique puisque ce jour-la nos conseillers, également à l'unanimité (cette maladie est dans notre cité à l'état endémique comme la typhoïde) décidèrent d'appeler les actuelles promenades de la Résistance: « Promenades du Maréchal Pétainðð.
Aussi nous espérons une cette fois encore à l'unanimité, le Conseil municipal votera, des demain, les crédits nécessaires au rétablissement de l'éclairage public.
Le signataire s'excuse de taper si souvent sur le même clou: les Castrogontériens admettront avec lui qu'il est dur à enfoncer.
Septembre 1946.