Combien de temps encore, par les nuits sans lune, notre ville restera-t-elle plongée dans l'obscurité ?

Tel serait, si nous en croyons quelque disciple de Courteline, le sujet d'un concours qui serait prochainement organisé et doté de nombreux prix comprenant, entre autres, bougies, quinquets, lampes à pétrole et électriques.

Certes en matière d'urbanisme, Château-Gontier possède des titres indiscutables et indiscutés.

De tous les bourgs et villes de France et de Navarre, c'est la seule cité qui n'ait pu, bientôt deux ans après la Libération, rétablir un éclairage quasi-normal; c'est la seule cité distribuant à domicile, au-dessus des éviers de cuisines, une eau qui est un véritable bouillon de cultures microbiennes.

A l'image de Bar-le-Duc, Château-Gontier comprend la ville haute et la ville basse. La première est dotée de sept lampes électriques axiales; la seconde, moins favorisée, n'en possède que quatre. Onze lampes pour éclairer plus de deux cent cinquante rues, c'est vraiment peu et les plus accommodants, a l'exception des couples amateurs d'obscurité, ne sauraient s'en contenter.

En 1938, les lampadaires électriques furent remplacés par des réverbères à gaz, d'occasion. Peut-être attend-on aujourd'hui que le pétrole plus abondant permette de leur substituer des lanternes.

Pour certains, à la veille des élections municipales, tomber sur un bec de gaz est une éventualité toujours a redouter: le danger est d'autant plus grand que les réverbères ne sont pas éclairés

Avril 1946.

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