Quelques jours après que fut connue la nouvelle de la découverte de la bombe atomique, se répandit dans notre ville cette autre nouvelle sensationnelle du transfert route de Laval, près de l'octroi du Commissariat Central de police.

Certains prétendirent même à cette époque qu'il serait installé à- Fromentières, petit bourg voisin, et qu'un tramway électrique, acheté d'occasion comme nos célèbres becs de gaz, dans quelque ville voisine, assurerait les relations avec le centre urbain.

Il ne s'agissait pas malheureusement d'une galéjade de quelque méridional plaisantin, puisque le jeudi 20 septembre, les services précités étaient effectivement transférés au 22 de la route sus nommée.

Dorénavant quand nous passerons gravement devant le nouveau siège de la police, nous souvenant d'une populaire et joyeuse interjection il nous sera loisible de nous écrier : « 22! voilà les... Voilà le Commissariat !ðð

Si les dimensions du panonceau officiel sont quelque peu réduites en raison des restrictions à la mode, si la traditionnelle lanterne bleue qui, la nuit, serait cependant si utile, brille par son absence, l 'immeuble en lui-même ne prête à aucune critique. Seule sa situation est quelque peu excentrique et raisonnablement il ne faut pas compter sur un tramway électrique dans notre bonne ville où la question de l'eau potable est toujours à l'étude depuis 1870, où plus d'un an après la Libération le black-out est toujours en vigueur ou peu s'en faut.

Aussi est-ce avec inquiétude que les Castrogontériens tendent le dos, et se demandent&emdash;certains l'ont même rêvé&emdash;si la Sous-Préfecture ne va pas être transférée extra muros au château de la Mazure et la Mairie route d'Angers, villa Gerthelie où vécut la poétesse et romancière Lucie Delarue-Mardrus. C'est alors que la trottinette deviendrait indispensable à tous nos businessmen.

N'eût-il pas été plus rationnel à l'exemple de ce qui a été fait dans certaines villes, de transformer en Cité administrative le Cours secondaire désaffecté de la rue Chevreul ou se trouvent déjà les Hypothèques et d'y grouper tous les services locaux: Perception, Enregistrement, Contributions Directes et Indirectes, et caetera...

Cette mesure eût permis de libérer quelques immeubles, à la grande joie de ceux qui vainement depuis plusieurs années recherchent un gîte dans cette ville de Château-Gontier où le problème de l'habitation tient une grande place dans les programmes électoraux et non hélas ! dans le domaine des réalisations.

Octobre 1945.

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